Une petite passade nostalgique ce soir. Et si ce n'était que ce soir... Depuis dix jours, il ne défile pas une journée sans que je pense à tout ça. Moi non plus, je n'ai pas envie de grandir.
Et maintenant...
En relisant mes copies de philo de l'an dernier, je retrouve les petits mots de ma Paupiette qui me manque tellement. A peine dix jours, et j'ai l'impression que c'est déjà une éternité. Sensation étrange. Je ne sais pas si ça me plaît. Si, quand même. Mais mon ancien quotidien, je le regrette. Heureusement, je ne suis pas toute seule cette année, dans cette nouvelle classe, dans ce nouvel établissement. Je ne recommence pas tout à fait à zéro, mais c'est comme si tout était à refaire, à revivre. Et je n'en ai pas envie. Pour l'instant, du moins. C'est bête, je sais. Mais ils me manquent, tous. Même ces visages que je disais ne plus vouloir voir il y a quelques mois, juste avant de passer définitivement à autre chose, j'aimerais les revoir.
J'ai la sensation de ne pas être à ma place. C'est peut-être normal au début, mais ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. A vrai dire, depuis trois ans.
Et toutes ces photos, là, accrochées sur le mur en face de moi, toutes ces photos provoquent un petit pincement au coeur.
Je n'ai envie de rien. Je dois dramatiser, sûrement. C'est le temps que tout se mette en place, et que ce tout devienne une nouvelle routine. Encore.
Je suis nostalgique de tout. De ces premières journées dans ma maison, quand ma mère, enceinte, posait le papier peint en écoutant Ace of Base.
Du jour de la naissance de mon petit frère, alors que Mamie était là, qui soignait ma main parce que j'étais tombée sur les escaliers en béton dans la cour de l'école. Elle me manque aussi, Mamie.
Des chorégraphies dans le jardin, des hommes préhistoriques et de leurs saladiers piqués dans la cuisine, derrière le dos de Maman, et remplis de boue, des appels d'une fenêtre à l'autre pour se demander : "tu viens jouer chez moi ?".
Des installations pour nos barbies, des ficelles qui relient toutes les chambres pour leur faire un parcours aventure, des playmobils et de leurs vies palpitantes.
Des séances de déguisement, des crêpes au nutella, des lettres évoquant nos problèmes existentiels de collégiennes, de cette nuit blanche à écouter skyrock et à lire nos journaux intimes avant de partir en Allemagne, du choc alors que nous apprenions que nous n'étions pas invitées à telle ou telle "boum", des Jeux Olympiques de 2004, de l'Ile de la Tentation, d'Opération Séduction aux Caraïbes et de Columbo.
De ces vacances à Belle-Ile, de ce premier chamboulement brûlant et passionné, de cette semaine en Andorre, de ces premiers pleurs qui n'ont jamais vraiment cessé, de ce deuxième chamboulement encore plus brûlant et passionné que je ressens encore, vainement, à chaque fois, ces quelques jours à Nice, les plus beaux.
Des conversations au soleil, dans les coins de verdure de Flaubert, des batailles d'avions en cours de maths, des pitchs, kinder délices et chips, seetings et sorties largement avant l'heure en histoire, des balades dans Hamburg, des soirées allemandes, des transgressions interdites, des frissons, des dix kilos en plus à cause du nutella, du beurre de cacahuète, des bretzels, des tablettes de Milka achetées par lot de quinze, des médisances en tout genre.
Des alliances parce qu'on ne veut pas se retrouver avec une certaine autre personne, des jeux inventés pour déstabiliser Popov et faire passer le temps, des déboires amoureux un peu étranges, des après-midis au Printemps et en ville, des longues conversations sur notre pauvre situation de jeunes incompris, des journées au soleil à réviser, des rues de Berlin et du U-Bahn, des leçons de code négligées, des soirées à déprimer, de l'envie de tout lâcher, des milk-shakes, des heures sur le banc stratégique, des carottes râpées de la cantine, des cours de philo si fructueux, des derniers mois, des cours d'allemand.
Des journées ensemble, de leurs sourires et de leurs voix.
De cette semaine, de ces deux rencontres trop brèves, de cette soirée dont j'aurais aimé ne jamais voir la fin, de ma décision, de cette envie de ne plus souffrir. Et je sais que c'est la bonne.
Mais, tout de même, ce manque, ce vide. Je me sens seule, c'est vrai. Heureusement, il est là.
Heureusement...
Et maintenant...
En relisant mes copies de philo de l'an dernier, je retrouve les petits mots de ma Paupiette qui me manque tellement. A peine dix jours, et j'ai l'impression que c'est déjà une éternité. Sensation étrange. Je ne sais pas si ça me plaît. Si, quand même. Mais mon ancien quotidien, je le regrette. Heureusement, je ne suis pas toute seule cette année, dans cette nouvelle classe, dans ce nouvel établissement. Je ne recommence pas tout à fait à zéro, mais c'est comme si tout était à refaire, à revivre. Et je n'en ai pas envie. Pour l'instant, du moins. C'est bête, je sais. Mais ils me manquent, tous. Même ces visages que je disais ne plus vouloir voir il y a quelques mois, juste avant de passer définitivement à autre chose, j'aimerais les revoir.
J'ai la sensation de ne pas être à ma place. C'est peut-être normal au début, mais ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. A vrai dire, depuis trois ans.
Et toutes ces photos, là, accrochées sur le mur en face de moi, toutes ces photos provoquent un petit pincement au coeur.
Je n'ai envie de rien. Je dois dramatiser, sûrement. C'est le temps que tout se mette en place, et que ce tout devienne une nouvelle routine. Encore.
Je suis nostalgique de tout. De ces premières journées dans ma maison, quand ma mère, enceinte, posait le papier peint en écoutant Ace of Base.
Du jour de la naissance de mon petit frère, alors que Mamie était là, qui soignait ma main parce que j'étais tombée sur les escaliers en béton dans la cour de l'école. Elle me manque aussi, Mamie.
Des chorégraphies dans le jardin, des hommes préhistoriques et de leurs saladiers piqués dans la cuisine, derrière le dos de Maman, et remplis de boue, des appels d'une fenêtre à l'autre pour se demander : "tu viens jouer chez moi ?".
Des installations pour nos barbies, des ficelles qui relient toutes les chambres pour leur faire un parcours aventure, des playmobils et de leurs vies palpitantes.
Des séances de déguisement, des crêpes au nutella, des lettres évoquant nos problèmes existentiels de collégiennes, de cette nuit blanche à écouter skyrock et à lire nos journaux intimes avant de partir en Allemagne, du choc alors que nous apprenions que nous n'étions pas invitées à telle ou telle "boum", des Jeux Olympiques de 2004, de l'Ile de la Tentation, d'Opération Séduction aux Caraïbes et de Columbo.
De ces vacances à Belle-Ile, de ce premier chamboulement brûlant et passionné, de cette semaine en Andorre, de ces premiers pleurs qui n'ont jamais vraiment cessé, de ce deuxième chamboulement encore plus brûlant et passionné que je ressens encore, vainement, à chaque fois, ces quelques jours à Nice, les plus beaux.
Des conversations au soleil, dans les coins de verdure de Flaubert, des batailles d'avions en cours de maths, des pitchs, kinder délices et chips, seetings et sorties largement avant l'heure en histoire, des balades dans Hamburg, des soirées allemandes, des transgressions interdites, des frissons, des dix kilos en plus à cause du nutella, du beurre de cacahuète, des bretzels, des tablettes de Milka achetées par lot de quinze, des médisances en tout genre.
Des alliances parce qu'on ne veut pas se retrouver avec une certaine autre personne, des jeux inventés pour déstabiliser Popov et faire passer le temps, des déboires amoureux un peu étranges, des après-midis au Printemps et en ville, des longues conversations sur notre pauvre situation de jeunes incompris, des journées au soleil à réviser, des rues de Berlin et du U-Bahn, des leçons de code négligées, des soirées à déprimer, de l'envie de tout lâcher, des milk-shakes, des heures sur le banc stratégique, des carottes râpées de la cantine, des cours de philo si fructueux, des derniers mois, des cours d'allemand.
Des journées ensemble, de leurs sourires et de leurs voix.
De cette semaine, de ces deux rencontres trop brèves, de cette soirée dont j'aurais aimé ne jamais voir la fin, de ma décision, de cette envie de ne plus souffrir. Et je sais que c'est la bonne.
Mais, tout de même, ce manque, ce vide. Je me sens seule, c'est vrai. Heureusement, il est là.
Heureusement...


